Proposition de solutions acceptables


NOTE : Vous pouvez consulter ICI une lettre de mise en contexte envoyée le 3 mai 2012 à la Régie de l'énergie avec le document suivant.


Considérant l'opposition grandissante d'une bonne partie de la population aux compteurs 'intelligents' qu'Hydro-Québec veut déployer, les propositions suivantes offrent des pistes de solution qui méritent d'être dûment considérées.

1. Status quo pour les abonnés qui demandent à conserver leur compteur électromécanique

Tout abonné demandant à conserver son compteur électromécanique devrait pouvoir le faire tant et aussi longtemps que ce dernier fonctionne adéquatement. S'il s'engage à fournir régulièrement ses données de consommation électrique par la méthode de l'auto-relève couramment utilisée par des milliers d'abonnés et ayant fait ses preuves depuis des décennies, aucun frais additionnel ne devrait lui est chargé, étant bien sûr entendu qu'un releveur devra tout de même passer au moins une fois par année pour s'assurer que les données rapportées correspondent à celle indiquées sur le compteur. Toutefois, certaines conditions (à définir à la discrétion du distributeur) pour que l'auto-relève soit considérée comme bien effectuée devraient être respectées. Si elles ne le sont pas après 2 avertissements et au bout d'une période de grâce de 6 mois, Hydro-Québec pourrait imposer la relève par un de ses employés. Si l'abonné refuse de s'engager à faire l'auto-relève ou s'avère incapable de bien la faire, Hydro pourrait exiger un frais mensuel additionnel raisonnable (certainement pas $17 par mois tel que demandé par Hydro!) pour défrayer les coûts liés à la relève sur place de la consommation électrique de l'abonné. Ce montant devrait toutefois décroître proportionnellement au pourcentage d'abonnés préférant conserver leur compteur électromécanique (ou ayant un compteur sans émetteur), mais ne faisant pas l'auto-relève. Pour chaque tranche de 10% d'abonnés qui le conserveraient, ce frais de relève manuelle devrait diminuer de 20%, de sorte que si 50% des abonnés, par exemple, le conservent, plus aucun frais additionnel ne serait exigé tel que c'est présentement le cas alors que les frais de la relève manuelle des compteurs sont entièrement assumés par Hydro-Québec et présumément inclus dans le tarif de base exigé des abonnés. De plus, aucun frais administratif ne devrait être chargé aux abonnés qui choisissent de conserver leur compteur électromécanique afin de ne pas les pénaliser injustement, quels que soient leurs motifs. En cas de nécessité, de l'avis d'Hydro-Québec, de remplacer un compteur électromécanique, et advenant l'impossibilité réelle de trouver un fournisseur de compteurs électromécaniques capables de répondre à un tel besoin, seuls des compteurs numériques non dotés d'un émetteur devraient évidemment être installés chez ces abonnés. À noter qu'au lieu de les envoyer au recyclage, il suffirait qu'Hydro conserve les compteurs électromécaniques en bon état de marche récupérés lors de leur remplacement par un nouveau compteur à transmission filaire pour disposer d'une bonne réserve de ces compteurs à roulette fiables et durables. Précisons également qu'aucun compteur ne devra être muni d'un dispositif (carte à puce du protocole Zigbee pour l'établissement d'un réseau Zigbee intra-résidentiel) permettant des communications sans fil avec des appareils électroménagers, une option disponible sur les compteurs Landis+Gyr actuels qui risque d'aggraver considérablement l'électropollution domestique - à noter que ce système est déjà déployé dans les compteurs intelligents CENTRON OpenWay d'Itron.

2. Transmission par voie filaire des données de consommation

Une alternative acceptable à la relève à distance par émissions de radiofréquences qui mériterait d'être sérieusement explorée - et qui est définitivement la méthode idéale souhaitée par tous les opposants à ce projet - est celle de la transmission par voie filaire des données de consommation électrique. En effet, la plupart des foyers québécois disposent aujourd'hui soit d'un abonnement à une ligne téléphonique du réseau de Bell, soit un abonnement à un câblo-distributeur permettant dans les 2 cas les communications téléphoniques, mais surtout les communications Internet. Il serait facile d'exiger du fournisseur - de préférence une compagnie québécoise bien évidemment - d'inclure un modem polyvalent dans chaque compteur, lequel serait branché par un fil sur l'accès Internet de l'abonné d'Hydro-Québec, afin de pouvoir transmettre en temps réel, 24 heures sur 24 l'ensemble des données recueillies par chaque compteur et permettant la mise en œuvre de toutes les fonctionnalités souhaitées, sans mettre la santé de qui que ce soit à risque, ni obliger Hydro-Québec à payer des frais d'utilisation mensuels à Rogers Communications dont Hydro-Québec s'est bien gardé jusqu'ici de révéler le coût total anticipé advenant un déploiement intégral selon son projet actuel. S'il advenait que le service Internet d'un abonné cesse d'être disponible - par cessation de l'abonnement par exemple - le compteur pourrait en un tel cas être remplacé par un compteur numérique non doté d'un émetteur avec auto-relève ou relève par un employé tel que décrit plus bas.

3. Remplacement des compteurs émettant des micro-ondes par des compteurs sans émetteur

Tout compteur émetteur de micro-ondes (Itron - plus de 20% des ménages québécois de l'aveu d'Hydro en ont déjà un - ou Landis+Gyr - dans Villeray, à Boucherville et dans la MRC de Memphrémagog) déjà installé devra être rapidement remplacé par un compteur numérique non doté d'un émetteur qui, selon le choix de l'abonné, pourra être relevé à distance par voie filaire ou devra être relevé visuellement par un releveur d'Hydro-Québec ou par la méthode de l'auto-relève.

4. Correction du problème de la génération d'électricité sale et inspection des bornes de compteurs

Un autre élément important dont on ne parle jamais, mais qui doit aussi être pris en compte, concerne le dispositif interne (le power supply) de chaque compteur servant à son alimentation électrique et transposant le courant de 240 volts entrant dans le compteur (en amont de sa mesure) en courant adapté au spécifications d'alimentation du compteur. Il semble selon certaines études que ces dispositifs peuvent être à l'origine d'une importante pollution électromagnétique - aussi appelée électricité sale causant des interférences dans le réseau électrique de chaque maison - pouvant également s'avérer nuisible pour la santé humaine. Cette problématique devra être portée à l'attention du fournisseur afin qu'il s'assure que ce genre de problème ne se présente pas. Enfin, les techniciens installant les nouveaux compteurs devront aussi vérifier l'état des bornes mâles de la prise (socket) où ils insèrent tout nouveau compteur. Ailleurs en Amérique, certaines installations électriques résidentielles désuètes ont été à l'origine d'incendies par suite de défectuosité dans ces bornes de connexion. Il doit être de la responsabilité d'Hydro-Québec de s'assurer du bon état de ces bornes pour éviter tout risque d'incendie.

5. Adaptation des compteurs pour faciliter le rachat d'électricité auto-produite par l'abonné

Une autre considération doit être mentionnée. Dans le cas des abonnés qui souhaiteraient pouvoir revendre à Hydro-Québec des surplus d'électricité produits aux moyens de systèmes de production individuels autonomes (solaire, éolien, etc.), Hydro-Québec doit pouvoir aussi leur offrir, sans frais supplémentaires, un compteur équipé d'une capacité de mesurage adaptée à ce type de besoin, ce qui n'est pas le cas avec la technologie actuelle. Même si Hydro-Québec ne possède pas encore le réflexe de vouloir favoriser la production locale d'électricité en offrant des tarifs de rachat avantageux susceptibles de motiver ses abonnés à devenir auto-producteurs - ce qui bien sûr aurait pour effet de diminuer ses revenus de source résidentielle, mais ce qui lui offrirait néanmoins la possibilité de disposer de surplus additionnels pour ses exportations d'électricité, il est probable que la voie de l'avenir, avec l'arrivée de coûts de production domestique d'électricité beaucoup plus abordables et concurrentiels, soit plutôt du côté de la production décentralisée, ce qui permettra d'offrir à Hydro-Québec une plus grande marge de manœuvre, au lieu de se tourner vers la solution traditionnelle de la construction de moyens gigantesques de production et de distribution d'électricité.

En conclusion, disons que pour qu'une méthode flexible et respectueuse de la santé des abonnés puisse être adoptée, il faut d'abord qu'Hydro-Québec reconnaisse le fait que l'abonné a son mot à dire sur le choix de l'interface entre le réseau de distribution d'Hydro-Québec et le câblage intra-résidentiel que ce réseau alimente en électricité. Jusqu'ici, Hydro-Québec a toujours considéré comme étant sa seule prérogative de déterminer le type d'appareils de mesure d'électricité qui sont installés chez ses clients. Avec l'arrivée depuis quelques années de la relève à distance par voie de radio-fréquences de cette consommation, Hydro-Québec doit accepter de reconnaître comme valables les motifs invoqués par de nombreux clients pour remettre en question cette méthode de relève.

Proposition soumise par Jean Hudon

Retour à la page d’accueil de ce site