Bulletin #57 : Décevant cadeau de Noël de la Régie

Bonjour à tous et toutes

En ce jour de Noël, j'aimerais bien pouvoir vous annoncer la bonne nouvelle tant espérée, soit que la Régie de l'énergie a finalement accordé ses violons au diapason des 129,000 clients québécois d'Hydro ayant tenu à garder leur compteur électromécanique afin de s'assurer de protéger leur santé et leur sécurité, mais hélas il n'en est rien. Vendredi le 16 décembre, les 3 régisseurs ayant entendu le 1er décembre les plaidoyers des avocats d'Hydro-Québec, de SÉ-AQLPA et du RAPLIQ (voir ce Procès-verbal sommaire), ont rendu leur Décision sur les demandes d'ordonnance de sauvegarde, les enjeux et les budgets de participation. Elle se résume à ceci : « La Régie de l'énergie REJETTE les demandes d’ordonnance de sauvegarde du RAPLIQ et de SÉ-AQLPA. » De plus, elle « ORDONNE aux intervenants de respecter les éléments décisionnels sur les enjeux et les budgets de participation contenus dans la présente décision. »  À ce sujet, la Régie « considère élevé le nombre d’heures prévu au budget de participation du RAPLIQ, tant pour l’avocat que pour l’analyste », alors qu'en fait, comme on peut le voir dans le tableau en page 16 de la Décision, parmi les 11 intervenants autorisés dans ce dossier, 8 autres ont soumis pour approbation à la Régie un nombre total d'heures supérieur au total du RAPLIQ. De plus, la demande du RAPLIQ concerne 2 analystes (moi et Steven Laperrière), et la Régie semble donc n'en reconnaître qu'un seul. Dans sa décision, la Régie précise aussi...

« La Régie demande aux intervenants d’ajuster la portée de leur intervention afin de tenir compte des enjeux retenus dans la présente décision et des commentaires qui y sont formulés. Elle s’attend également à ce que les limitations de sujets d’intérêt qu’elle impose se reflètent dans les frais. Cependant, les intervenants n’ont pas à déposer un nouveau budget de participation. La Régie rappelle que, lors de l’examen des demandes de paiement de frais, elle jugera du caractère nécessaire et raisonnable des frais encourus et de l’utilité de la participation des intervenants à ses délibérations. »

En clair, cela signifie que si les régisseurs jugent, lors de l’examen des demandes de paiement de frais après les audiences prévues du 1er au 12 mai prochain, que certains aspects des frais encourus réclamés ne respectent pas les limites que la Régie a établies lorsqu'elle a autorisé le RAPLIQ à intervenir devant elle, soit comme elle le précise dans sa décision...

« La Régie a autorisé le RAPLIQ à intervenir au présent dossier sur la base de ses allégations selon lesquelles, contrairement à la situation qui prévalait lors de la prise en délibéré du dossier sur l’option de retrait :

les fabricants de compteurs électromécaniques ont recommencé à produire et à distribuer ces compteurs;

• les compteurs électromécaniques sont offerts en option de retrait aux États-Unis.

Cette autorisation a été donnée à des fins précises. À cet effet, la Régie indiquait au RAPLIQ que son intervention devait se limiter «aux seuls éléments nouveaux» par rapport à ceux discutés antérieurement, qui pourraient permettre d’offrir, dans le cadre de l’option de retrait, le compteur électromécanique. Ces «éléments nouveaux» sont évidemment ceux soulevés dans la demande d’intervention du RAPLIQ et qui ont trait à l’existence de fournisseurs de compteurs électromécaniques. La Régie précisait également que les compteurs doivent être conformes aux normes de Mesures Canada et qu’il soit possible d’en assurer l’approvisionnement. »

... alors ces frais ne seront vraisemblablement pas remboursés. La Régie avait agi ainsi en 2012 quand elle avait rejeté en bloc la volumineuse documentation scientifique et le témoignage soumis par le témoin expert américain qu'avait fait venir le SÉ-AQLPA, le Dr David Carpenter, et avait donc refusé de rembourser les frais considérables occasionnés par son voyage au Québec. Une synthèse du témoignage du Dr Carpenter devant la Régie de l'énergie le 17 mai 2012 est disponible ICI pour ceux et celles que cela intéresse.

À la lumière de tout ce qui précède, il est donc désormais assuré que...

1) Contrairement à ce qu'avait laissé croire la Régie dans le libellé de sa Correspondance portant sur l'inventaire des compteurs électromécaniques où elle demandait au Distributeur « s’il peut s’engager à ne pas se départir des compteurs électromécaniques actuellement en inventaire et ceux à venir jusqu’à ce qu’une décision finale soit rendue dans le présent dossier », elle ne considère comme acceptable, de son point de vue, que l'utilisation de compteurs électromécaniques neufs, et de ce fait tous les frais dans l'intervention du RAPLIQ liés à autre chose que cela ne seront pas remboursés. De plus, bien sûr, la notion même de continuer à utiliser des compteurs électromécaniques usagés m'apparaît être rejetée par la Régie comme option de retrait – même si c'est précisément ce qu'Hydro-Québec a fait durant des décennies en recertifiant elle-même ses compteurs électromécaniques une fois échu leur sceau de certification de Mesures Canada.

2) Il est donc vain d'espérer qu'une seconde option de retrait avec des compteurs électromécaniques soit autorisée par la Régie puisque plus aucune compagnie ne fabrique depuis belle lurette de ce type de compteurs. Les nombreux experts de l'industrie que j'ai consultés au fil de mes recherches depuis près d'un an, à titre de consultant du RAPLIQ, m'ont tous confirmé que non seulement plus aucun fabricant n'en produit, mais que toutes les chaînes de production ont été démantelées depuis longtemps.

Croyant que l'utilisation de compteurs électromécaniques usagés serait toutefois acceptable par la Régie, j'avais donc orienté mes recherches en ce sens, mais j'ai vite constaté que :

A)
Les compteurs électromécaniques fabriqués aux États-Unis ne sont pas compatibles avec les exigences de Mesures Canada, car il leur manque une cinquième aiguille, plus petite que les autres, que possèdent tous les compteurs électromécaniques utilisés au Canada. Ce 5e cadran est exigé par Mesures Canada afin de pouvoir vérifier en atelier la précision de la mesure de chaque compteur testé ;

B) Les compagnies d'électricité américaine, comme PG& E, offrant le compteur électromécanique en option de retrait utilisent soit des compteurs neufs qu'ils ont encore en stock, soit des compteurs usagés ayant été nettoyés, reconditionnés et ré-étalonnés au besoin. Elles peuvent s'approvisionner auprès d'au moins 3 grands fournisseurs spécialisés dans le rachat et la revente de compteurs électriques et possédant des millions de compteurs électromécaniques usagés en inventaire, car lorsque les compagnies d'électricité américaines ont remplacé les anciens compteurs par des compteurs "intelligents", au lieu de les faire systématiquement rebuter et démanteler comme Hydro-Québec l'a fait, certaines les ont revendus à ces entreprises qui les écoulent ensuite du mieux qu'elles peuvent. Aucun fournisseur du genre n'existe au Canada (le marché est trop petit) et quand les autres compagnies d'électricité canadienne ont fait leur transition vers une technologie de relève à distance, leur stock de vieux compteurs récupérés lors du remplacement a habituellement été détruit. À ma connaissance, seul Hydro Ottawa a pu vendre il y a 10 ans quelques milliers de vieux compteurs électromécaniques à un fournisseur américain qui n'a toujours pas réussi à les revendre. C'est le seul stock d'électromécaniques fabriqués au Canada que je suis arrivé à trouver. Tous les autres ont apparemment été détruits et les quelques compagnies canadiennes qui n'ont pas encore fait la transition vers une technologie de relève à distance devront sans doute aussi les faire détruire, faute de pouvoir trouver à qui les revendre.

C) Si la Régie s'était montrée ouverte à l'utilisation de compteurs électromécaniques usagés comme option de retrait, elle aurait bien sûr pris d'abord soin d'exiger d'Hydro-Québec de ne pas détruire les 181,500 exemplaires restants de cet appareil fiable et éprouvé, ce qui aurait permis d'assurer la possibilité d'offrir durant au moins 2 décennies, selon mes estimations, une option de retrait de ce type aux clients estimant pour diverses raisons ne pouvoir se fier au compteur non communicant actuellement offert en option de retrait.

3) La seule option de retrait disponible est et restera donc celle du compteur Itron C1S non communicant qui, selon la déclaration assermenté de Mme Johanne Aubin ne peut absolument rien émettre : « Le compteur d’électricité utilisé par Hydro-Québec pour les fins de l’Option de compteur non communicant est un compteur électronique qui ne contient pas de carte de communication, n’émet pas de radiofréquences et exige une relève manuelle. Il est facilement identifiable par la présence d’une lettre « X » précédant le numéro de série. »

Environ 80,000 clients ayant une installation électrique d'au plus 200 ampères ont jusqu'ici accepté la pose d'un tel appareil électronique (77 105 clients - 2,07% de la clientèle - en avaient reçu un au 31 mars 2016, un nombre qui ne cesse d'augmenter), et en principe, ceux ayant une entrée de 400 ampères et chez qui aucune facturation de puissance n'a été effectuée au cours de 12 derniers mois, se verront aussi offrir l'été prochain un compteur électronique non communicant, si bien sûr la Régie accepte que le Distributeur leur en offre un, tel que ce dernier le lui a proposé en juin dernier de le faire - comme on peut le voir à la page 19 de ce document.

4) Bien sûr, parmi les 129,000 compteurs n'ayant pas encore pu être remplacés, soit parce que le client est « récalcitrant » à ce remplacement, soit parce que son installation n'est pas conforme ou inaccessible pour diverses autres raisons qu'une résistance délibérée au changement imposé par Hydro-Québec, la majorité de ces appareils sont de type électromécanique (un petit pourcentage est du type communicant Itron C1SR), et ne sont évidemment pas davantage considérés par la Régie comme une option de retrait acceptable.

5) Par sa décision du 22 juillet 2016, la Régie permet au Distributeur de charger à ces clients un frais d'inaccessibilité de 85$ et un frais de relève mensuel de 5$ (qui devrait en principe baisser à 2.50$ par mois l'été prochain, une fois la décision rendue par la Régie sur la demande du Distributeur de ne faire qu'une seule relève par année au lieu de 3 – page 21 de ce document où il est question de baisser à 33$/année les frais de relève, montant qui a plus tard été arrondi à 30$/année par Hydro, soit 2.50$/mois – d'où la diminution de moitié des frais de relève proposée par Hydro-Québec), mais, à ma connaissance, Hydro-Québec n'a pas encore commencé à imposer ces frais additionnels de 85$ et de 5$/mois à aucun client «récalcitrant».

Plutôt que de chercher à normaliser la situation des clients récalcitrants ou non conformes en utilisant ce moyen de pression moins « drastique », ce vers quoi cette décision de juillet semblait orienter le Distributeur, ce dernier a plutôt durci son attitude à l'égard de ces clients comme on a pu l'observer durant la campagne d'intimidation lancée en octobre dernier, tel qu'expliqué à http://www.cqlpe.ca/#EXPLICATIONS. Cette nouvelle décision de la Régie il y a une semaine ne contribuera certainement pas à inciter Hydro-Québec à faire preuve de modération et de patience lorsqu'elle pourra se remettre au printemps prochain à menacer ses clients « récalcitrants » d'une coupure de courant, ainsi qu'elle l'a fait dans sa lettre de menaces en octobre dernier donnant 15 jours pour se conformer, à défaut de quoi un avis d'interruption de service serait posté – ce qui a effectivement été fait en novembre dans au moins un cas, à ma connaissance. La Régie n'a pas été informée par les voies officielles (par un des 11 intervenants) de cette tactique d'intimidation, bien que cela lui ait été signalé dans certaines des lettres d'observations qu'elle a reçu et, selon mes informations actuelles, aucun intervenant n'a l'intention de soulever ce problème auprès de la Régie.

Quelles spéculations peut-on maintenant faire sur la tournure que prendra cette lutte qui dure depuis près de 4 ans entre Hydro-Québec et une partie de sa clientèle insatisfaite par la seule option de retrait offerte par la Régie ?

1) Il est TRÈS improbable que, d'ici le mois de mai prochain, il soit possible au RAPLIQ de trouver un fournisseur de compteurs électromécaniques neufs disponibles à volonté, compatibles avec nos embases au Québec et avec le réseau de distribution d'Hydro-Québec, et conformes aux exigences de Mesures Canada. L'hypothèse ayant servi au RAPLIQ pour affirmer à la Régie que cela serait possible, fondée sur le fait que des compagnies d'électricité sont en mesure de le faire aux États-Unis, ne s'est finalement pas vérifiée. L'utilisation de compteurs usagés comme 2e option de retrait est implicitement rejetée par la décision de la Régie. L'ère des compteurs électromécaniques semble bel et bien révolue ici au Québec.

2) Hydro-Québec va tout probablement reprendre en mars sa campagne de harcèlement et d'intimidation des récalcitrants et cette fois, à compter de la fin de mars (la période hivernale où la Régie interdit les interruptions de service se termine le 1er avril), de nombreux clients « récalcitrants » risquent de recevoir un avis d'interruption de service, après avoir reçu au préalable
la même document – et il y en a possiblement moins que 129,000 à présent – selon cet article de la Presse du 24 octobre, il n'y en aurait plus que 119,000 dont 22,000 commerces, mais bien des journalistes ont la fâcheuse habitude de bâcler leur travail de recherche et j'estime que ce nombre est probablement inexact). Il me semble évident aussi que la Régie de Pise, qui penche pratiquement toujours du même bord (comme le décrivait si justement le journaliste Louis-Gilles Francoeur du Devoir), ne fera rien pour s'y opposer. Comme le rappelait ce même article de La Presse, « L’an dernier, Hydro-Québec a débranché 60 236 clients résidentiels pour défaut de paiement, soit 50 % de plus qu’en 2013. » Bien sûr, la quasi totalité de ces débranchements ont pu être effectués à distance, sans devoir envoyer une équipe sur place, mais ça ne fait ni chaud ni froid aux employés d'Hydro-Québec de couper le courant à des clients, conformément aux ordres reçus...

À mon avis – et vous en faites ce que vous voulez... – je crois qu'il est préférable de se rendre à l'évidence. Comme l'avocat du RAPLIQ n'a pu réussir à persuader les régisseurs dans son argumentation d'une trentaine de minutes (en tout, en 2 interventions) de la nécessité d'approuver l'ordonnance de sauvegarde sollicitée (son principal argument – soit, le rappel à la Régie qu'elle doit respecter la Charte des droits et libertés de la personne dans sa décision en tenant compte de l'état handicapant des personnes se disant affectées même en présence des compteurs non communicants – est évoqué dans les Précisions et clarifications qu'il a soumises à la Régie, 7 jours après l'audience, et qui ont été rapidement rejetées du fait qu'elles constituaient une réouverture de l'enquête, ce à quoi l'avocat d'Hydro-Québec s'est aussitôt objecté par lettre). Comme la préservation des 181,500 compteurs électromécaniques aurait été le seul moyen, tel qu'expliqué plus haut, d'offrir une seconde option de retrait, le RAPLIQ ne parviendra pas à obtenir l'approbation d'une option de retrait avec le compteur électromécanique. Il est inutile et vain d'attendre quoi que ce soit de positif pour nous de la décision finale de la Régie l'été prochain.

Alors, mon conseil est que dès que vous recevrez, à compter de mars ou plus tard, une lettre d'Hydro-Québec vous donnant 15 jours pour communiquer avec eux, et même si cette lettre ne rappellera pas que vous pouvez vous prévaloir de l'option de retrait (une omission désolante qui dénote une fois de plus le manque de transparence et de bonne volonté de cette entreprise d'État), faites-le sans tarder et indiquez-leur que vous choisissez finalement l'option du compteur non communicant. Prenez rendez-vous comme on vous le proposera, soyez-y à l'heure et au jour convenus, et assurez-vous d'avoir démantelé toute entrave, afin que l'employé puisse avoir accès au compteur. Assurez-vous aussi bien sûr, avant qu'il n'enlève le compteur électromécanique, que le compteur qui sera posé est bien un non communicant. Demandez à voir le compteur qu'il posera, et si vous voyez qu'il s'agit d'un Landis+Gyr ou d'un Elster, expliquez-lui qu'il y a une erreur, que vous avez demandé la pose d'un compteur non communicant (habituellement, il est de marque Itron C1S et son numéro de série commence par un X), et que c'est le seul type d'appareil que vous accepterez.

Si vous avez une installation électrique de 400 ampères, appelez-les mais tentez d'obtenir qu'ils attendent la décision de la Régie, après les audiences en mai, censée approuver un modèle non communicant pour ce type d'entrée électrique. Si la personne au téléphone consent à vous accorder ce délai et à suspendre d'ici là tout moyen de pression, demandez une confirmation écrite de cet accord. À défaut d'obtenir un tel accommodement raisonnable, soyez bien conscient-e que si vous persistez à leur tenir tête, vous risquez de vous faire couper le courant et de devoir attendre ensuite 24 mois avant de pouvoir obtenir la pose d'un non communicant... et l'on vous facturera en plus 361$ pour le rebranchement de votre compteur au réseau électrique – quand vous n'en pourrez plus de vivre sans électricité.

Quelques précisions utiles sur le compteur non communicant

Comme je l'ai mentionné à quelques reprises dans de précédents bulletins, certaines personnes fortement électrosensibles affirment éprouver divers symptômes handicapants en présence d'un compteur non communicant. Il a été dit que ce type de compteur, même s'il n'émet AUCUNES radiofréquences, pourrait créer de hautes fréquences transitoires (HFT – ce que l'on appelle aussi le phénomène d'électricité sale) parasitant le circuit électrique de la maison ou du logement, ce qui génère une forme de champ électromagnétique décelable jusqu'à près de 2 mètres de distance de l'ensemble des fils électriques dans les murs lorsque ces fils ne sont pas blindés (il est très rare qu'ils le soient car ce type de fil coûte beaucoup plus cher). Ce qui en est responsable, ce serait le bloc d'alimentation électrique à découpage (appelé 'switched mode power supply' en anglais), une sorte d'adaptateur qui transforme le courant alternatif de 220 volts arrivant dans le compteur en courant direct de 12 volts nécessaire au fonctionnement du compteur lui-même.

Selon des tests effectués en 2012 par le spécialiste en hygiène électromagnétique, Stéphane Bélainsky de la compagnie EM3E, conjointement avec le maître-électricien Jean-Claude Morin, sur un compteur non communicant Itron C1S, aucune HFT n'a été décelée avec ses appareils de mesure alors qu'il était sous tension mais n'était pas installé dans une embase. La présence de HFT a toutefois été décelée une fois le compteur non communicant branché au circuit électrique d'une résidence. M. Bélainsky avait alors émis l'hypothèse que l'électricité sale détectée pouvait être produite par les adaptateurs 12 volts d'appareils électroniques dans la maison et possiblement être amplifiée par le compteur non communicant, ou même provenir, par le fil de branchement au réseau électrique d'Hydro-Québec, au compteur et donc au filage électriques de la demeure. La qualité de l'onde électrique peut en effet être également affectée par l'électricité sale produite par tous les appareils du voisinage dotés d'un bloc d'alimentation à découpage. C'est le cas notamment des routeurs Wi-Fi présents aujourd'hui dans la plupart des foyers.

Or, le 10 décembre dernier, une personne électrohypersensible préoccupée par ce problème d'électricité sale, a recommandé à mon attention un rapport préparé par un expert américain opposé aux compteurs intelligents, Oram Miller, spécialiste en rayonnement électromagnétique et consultant environnemental. Dans ce long rapport très technique s'intitulant Study to Determine the Presence of Dirty Electricity from Smart Electric Meters in Southern California, j'ai pu découvrir quelques faits, nouveaux pour moi et quelque peu étonnants. Selon Oram Miller, tous les compteurs électroniques seraient équipés d'un filtre censé éliminer les HFT produites par leur bloc d'alimentation, mais ils n'ont pas tous le même degré d'efficacité (voir les détails sous le titre "All Smart Meters Contain a Filter to Block Harmonic Frequencies from its Switched Mode Power Supply, But Not All Filters Are Effective"). Ainsi dans ce rapport on peut lire ce qui suit, où il cite d'abord les propos de l'ingénieur Rob States de San Francisco:

"Extensive measurements have demonstrated that all of the meters measured so far, including ABB, GE, and Landis Gyr, emit noise on the customer's electric wiring in the form of high frequency voltage spikes, typically with an amplitude of 2 volts, but a frequency anywhere from 4,000 Hertz, up to 60,000 Hz. The actual frequency of the phenomena is influenced by the devices that are plugged into the customer's power. Some houses are much worse than others, and this observation has been confirmed by PG&E installers that have talked to us."

Traduction: « Des mesures approfondies ont démontré que tous les compteurs mesurés jusqu'à présent, y compris ceux de marque ABB, General Electric et Landis Gyr, émettent du bruit sur le câblage électrique du client sous la forme de pointes de tension haute fréquence, typiquement avec une amplitude de 2 volts, mais à une fréquence variant de 4000 Hertz à 60 000 Hz. La fréquence de ce phénomène (d'électricité sale) est influencée par les appareils branchés dans l'alimentation électrique du client. Certaines maisons sont bien pires que d'autres, et cette observation a été confirmée par les installateurs de PG & E qui nous ont parlé. »

Les compteurs Landis+Gyr installés par Hydro-Québec créent de la pollution électromagnétique non seulement par les micro-ondes pulsées qu'ils émettent mais aussi par les HFT qu'ils produisent, soit parce que leur filtre est inefficace, soit parce qu'ils n'en possèdent pas. Toutefois, Oram Miller indique dans son rapport que les compteurs intelligents Itron Openway qu'il a soumis à une batterie de tests ne produisent aucune HFT.

Ainsi qu'il l'indique : "In July 2013, I worked with a client in Thousand Oaks who is an Electrical Engineer, who informed me that he had read that Itron does filter their smart meters. He said he would look up that citation and get back to me, and I await that. I will post that information when I obtain it. This may indeed explain why I have not documented thus far any evidence of dirty electricity explicitly attributable to the Itron Openway smart meters measured in Southern California."

Traduction: « En juillet 2013, j'ai travaillé avec un client à Thousand Oaks qui est ingénieur électricien, qui m'a informé qu'il avait lu qu'Itron filtre leurs compteurs intelligents. Il a dit qu'il allait chercher cette citation et me revenir là-dessus, et j'attends cela. Je publierai ces informations lorsque je les obtiendrai. Cela peut en effet expliquer pourquoi je n'ai pas documenté jusqu'à présent le moindre signe d'électricité sale explicitement attribuable aux compteurs intelligents Itron Openway mesurés en Californie du Sud. »

Et dans ses conclusions on peut lire :

• Based upon the findings presented above, the GE / Trilliant model digital electric meters installed by Burbank Water and Power as part of their opt out program do not appear to generate harmonics of dirty power similar to those reported from smart meters used by PG&E in Northern California in the 50kHz range.
The same can be said about the Itron Openway brand smart meters used by Southern California Edison and Glendale Water and Power.
• Both of my studies showed that whenever large, short and sharp harmonic waveforms appeared on the tracings, they could always be eliminated by switching off some other source in the house, such as a dimmer switch or a lamp with a touch switch, or in the case of the home in Orange, they persisted even with removal by an electrician of the Itron smart meter itself (and were thus from a source outside the house).

Traduction:

• Selon les conclusions présentées ci-dessus, les compteurs électriques numériques GE/Trilliant installés par Burbank Water and Power dans le cadre de leur programme d'opt out ne semblent pas générer d'harmoniques d'électricité sale similaires à ceux signalés par les compteurs intelligents utilisés par PG & E dans Northern Californie dans la gamme de 50kHz.
On peut en dire autant des compteurs intelligents Itron Openway utilisés par Southern California Edison et Glendale Water and Power.
• Mes deux études ont montré que chaque fois que des formes d'ondes harmoniques grandes, courtes et pointues apparaissaient sur les tracés, elles pouvaient toujours être éliminées en éteignant une autre source dans la maison, comme un gradateur ou une lampe avec un commutateur tactile, ou dans le cas de la maison à Orange, ils ont persisté même avec le retrait par un électricien du compteur intelligent Itron lui-même (et ils provenaient donc d'une source à l'extérieur de la maison).

Même si ses tests ne portaient pas sur un compteur non communicant C1S d'Itron, on peut présumer que la compagnie Itron utilise le même type de filtre dans tous ses compteurs et que le non communicant ne produit donc pas non plus d'électricité sale – ce qui confirme les tests menés en 2012 par Stéphane Bélainsky et Jean-Claude Morin au Québec.

Enfin, ailleurs, dans ce même rapport on aussi peut lire...

Another Potential Source of Illness from Smart Meters Besides Radio Frequencies

However, radio frequencies turned out to not be the only cause of ill health for many customers of PG&E in Northern California. Specifically, customers reported the onset of ill health after smart meters were installed but before the communication module, with its resultant RF, was activated. This led engineers in Northern California to conclude that dirty power produced by switched mode power supplies in smart meters was the source because these engineers saw harmonics on their oscilloscopes.

On the strength of this discovery, customers of PG&E petitioned the California Public Utilities Commission (CPUC) to mandate a non-digital, electromechanical analog meter be installed in homes of all customers who wanted to opt out of the smart meter program. Thus rather than just having a digital meter with the communications module removed, customers of PG&E would have a totally analog meter. Since there are no circuit boards, there is no need for a switched mode power supply. This means that harmonics of dirty power would not be present in these analog meters, providing relief to those customers of PG&E who had become symptomatic from exposure to this form of EMF.

Traduction: Une autre source potentielle de maladie provenant des compteurs intelligents, outre les radiofréquences

Cependant, les radiofréquences se sont avérées ne pas être la seule cause de mauvaise santé pour de nombreux clients de PG & E en Californie du Nord. Plus précisément, les clients ont signalé l'apparition de problèmes de santé après l'installation des compteurs intelligents, mais avant que le module de communication, avec sa RF résultante, soit activé. Cela a amené les ingénieurs en Californie du Nord à conclure que l'électricité sale produite par les blocs d'alimentation à découpage (en mode commuté) dans les compteurs intelligents en était la source parce que ces ingénieurs ont vu des harmoniques sur leurs oscilloscopes.

À la lumière de cette découverte, les clients de PG & E ont demandé à la Commission des services publics de Californie (CPUC) de faire installer un compteur analogique électromécanique non numérique dans les maisons de tous les clients qui voulaient se retirer du programme de compteurs intelligents. Ainsi, plutôt que d'avoir simplement un compteur numérique avec le module de communication enlevé, les clients de PG & E aurait un compteur totalement analogique. Comme il n'y a pas de carte de circuit imprimé, il n'est pas nécessaire d'utiliser une alimentation à découpage. Cela signifie que les harmoniques de l'électricité sale ne seraient pas présents dans ces compteurs analogiques, apportant un soulagement aux clients de PG & E qui étaient devenus symptomatiques suite à leur exposition à cette forme de CEM.

(fin des citations)

On le voit donc, les personnes électrosensibles disant éprouver des symptômes en présence d'un compteur non communicant n'inventent certainement pas ce qu'elles sentent, sauf que la cause réelle peut être non pas le compteur non communicant, mais un appareil électronique ou un communateur-gradateur quelque part dans leur édifice à logement ou maison, ou même à l'extérieur de leur résidence dans le voisinage... et en ce cas, même un compteur électromécanique n'assure pas d'être à l'abri de ce type de pollution électromagnétique.

J'ai discuté de cela notamment avec Kathya Heppell qui a blindé électromagnétiquement l'ensemble de la maison et qui possède encore un compteur électromécanique, et elle m'a confirmé que pour être totalement à l'abri de ce type de pollution, elle a dû faire appel aux services du maître-électricien Jean-Claude Morin (que l'on peut contacter à jcmorin@bellnet.ca) qui a effectivement décelé de l'électricité sale dans les fils électriques de sa demeure. Heureusement, il existe une solution, soit les filtres Stetzer (coût: 40$ chacun et il faut en installer de 10 à 20 selon la grandeur de la maison à protéger) se branchant dans les prises électriques et éliminant ce problème. Cependant, Kathya m'a souligné le fait que l'on ne peut installer soi-même ce type de filtre sans l'aide d'un spécialiste et de ses appareils de mesures, car leur emplacement et leur nombre doit être ajusté en fonction des données mesurées et non à l'aveuglette pour obtenir l'effet souhaité et éviter toute surcharge de voltage.

Kathya m'a aussi demandé de signaler que la meilleure solution pour blinder électromagnétiquement une demeure ou une pièce, et la méthode la plus économique aussi, consiste non pas à acheter de la coûteuse peinture au graphite (qui a une date de péremption et dont il semble désormais que l'on doive en appliquer 3 couches et non une seule pour obtenir une véritable protection complète), mais simplement plusieurs rouleaux de grillage en aluminium utilisé pour les portes et fenêtres grillagées, qui doit être intégré dans l'ensemble des murs, plafonds et planchers - et il ne faut PAS qu'il soit reliés à une mise à la terre (la mise à la terre du blindage peut occasionner un effet de Cage de Faraday en s'électrifiant). Pour la mise à la terre de l'entrée électrique, elle ne doit surtout pas être reliée à un tuyau de l'aqueduc municipal ce qui constitue une porte d'entrée pour l'électricité sale produite dans les maisons du voisinage, mais bien à une tige en métal enfoncée dans le sol.

Pourquoi tous ces détails qui précèdent ?

Simplement pour démontrer que même s'il est désolant que la Régie ait refusé de faire protéger les compteurs électromécaniques restants et refusera sans doute hélas d'obliger Hydro-Québec à offrir ces appareils de mesure comme option de retrait (comme en Californie), puisqu'Hydro aura beau jeu de dire qu'il est impossible désormais de s'en procurer, il existe tout de même des moyens de se prémunir contre l'électricité sale – des moyens qui ne sont certes pas à la portée de toutes les bourses. Il serait préférable que, comme à Stockholm en Suède, les personnes se disant handicapées par la pollution électromagnétique puissent bénéficier d'un soutien financier adéquat afin de pouvoir payer ce qu'il en coûte pour se protéger, au moins dans le sanctuaire de leur foyer, contre cette insidieuse forme de pollution. Ça ne réglerait évidemment pas le problème plus large de la pollution généralisée à l'extérieur des foyers blindés, un problème dont tous les Ponce-Pilates de ce monde électro-ignare se lavent allègrement les mains, mais ça serait déjà un début d'aide pour un pourcentage grandissant de la population dont les souffrances infligées par cette continuelle torture électromagnétique sont niées, voire même ridiculisées, par ceux et celles qui se croient invulnérables à cet égard – mais qui ne le sont nullement !...

À ce sujet, je vous recommande l'article suivant mis en lien aujourd'hui à http://www.cqlpe.ca/#DR...

Comment se protéger des ondes électromagnétiques?
De nombreuses suggestions utiles dont celle-ci: Neutralisez les hautes fréquences dans votre habitation. Aux États-Unis, les chercheurs Dave Stetzer et Martin Graham ont mis au point des filtres ayant la forme d'un petit boîtier qui se positionne entre la prise électrique et le fil d'alimentation des appareils. Ces filtres contiennent des composants électroniques - gardés secrets par les inventeurs - qui permettraient de réduire une partie des hautes fréquences, comprises entre 4 et 100 kHz et véhiculées par le courant électrique. Le fabricant estime qu'il faut en placer une vingtaine afin de «neutraliser» un appartement ou une maison.

Ce livre semble aussi être une source fort utile pour qui s'intéresse à ce vaste sujet...

Les Ondes nocives
Analysant chaque onde, épluchant études et articles, l'auteur dresse une liste impressionnante de moyens pour se protéger, notamment chez soi, en veillant à relier les prises électriques à la terre et en installant dans son armoire électrique des interrupteurs automatiques de champs qui coupent l'électricité quand aucun appareil ne fonctionne.

Bien sûr, nous savons aussi que les compteurs non communicants, comme tous les compteurs électroniques, nous exposent à un risque d'incendie – qui est pratiquement inexistant avec les compteurs électromécaniques en ce qui a trait aux causes suivantes... Lors d'une surtension importante (chute de branche sur les fils de haute tension ou foudre), ou suite à des micro-arcs électriques répétés en raison d'un mauvais contact entre les broches de branchement du compteur et les mâchoires en cuivre de l'embase, le compteur peut prendre feu ou parfois faire suffisamment surchauffer les fils électriques près de l'entrée électrique pour que la gaine en plastique fonde, que les fils se touchent et ainsi déclenchent un court-circuit et un incendie. Il est donc fortement conseillé lors du remplacement de votre compteur électromécanique d'être présent et de demander au technicien de vous laisser inspecter l'état des mâchoires du compteur. Si vous les jugez trop écartées et surtout si des traces de brûlures noircies (signe d'arcs électriques) sont visibles, ou pour plus de certitude, faites venir un maître-électricien dès que possible en lui demandant de remplacer le bloc de mâchoires du compteur (coût en 2016: 90$) et d'ajouter par la même occasion un suppresseur de tension (coût: 165$). Avec l'appel de service (normalement autour de 150$), les taxes et quelques autres pièces, cela devrait totaliser autour de 520$ selon ce que m'a rapporté un client ayant fait exécuter ces travaux, et ainsi vous pourrez dormir tranquille.

À noter qu'un autre moyen de déceler un possible problème de surchauffe chronique lié à un mauvais contact dans l'embase consiste simplement à toucher la base du compteur électronique (communicant ou non) et l'embase pour vérifier si l'une ou l'autre est anormalement chaude. Il est particulièrement prudent de faire cette simple inspection en période de forte consommation électrique. Toute vacillation intermittente mais fréquente dans l'intensité lumineuse de l'éclairage dans votre demeure devrait aussi être pour vous un signal d'alarme qu'il y a peut-être un problème à faire vérifier à ce niveau. Hydro-Québec a paraît-il eu à remplacer depuis 2012 de nombreux compteurs intelligents ayant présenté de tels signes de surchauffe. Vous pourriez donc d'abord les appeler pour leur signaler ce problème avant d'appeler un maître-électricien. Toutefois, si Hydro décide de faire remplacer votre compteur, rien ne sera fait pour régler tout problème lié à l'embase, qui vous appartient et qui est donc sous votre responsabilité. Il est sage alors de faire venir un maître-électricien pour la faire inspecter et rénover au besoin.

En passant, j'ai appris «entre les branches» il y a quelques semaines qu'Hydro-Québec avait déjà passé commande de 100,000 nouveaux compteurs "intelligents" à Landis+Gyr car plusieurs de ceux ayant été déployés depuis 2012 donnent déjà des signes d'être arrivés à la fin de leur vie utile. Pas très brillant comme choix technologique comparé aux compteurs électromécaniques demeurant fiables même après 50 années d'utilisation... La prétendue rentabilité à long terme de la relève à distance, argument ayant servi à vendre ce projet à la Régie, n'était donc que de la poudre aux yeux...

Si vous avez eu la patience de lire jusqu'ici je vous en félicite !
Si ça vous a donné un mal de tête, je m'en excuse. Le sujet est complexe, mais j'ai fait de mon mieux pour vous expliquer le tout le plus simplement possible.

Enfin, je vous mentionne que, suite à cette décevante décision de la Régie, Steven Laperrière, vice-président du RAPLIQ, m'a demandé de vous indiquer que lui et l'avocat du RAPLIQ sont en période de réflexion afin de déterminer quel sera le meilleur moyen de donner suite à leurs efforts pour venir en aide aux personnes électrosensibilisées par les technologies sans fil.

Pour ma part, d'ici à ce qu'il y ait d'importants développements justifiant la publication d'un autre bulletin, je me contenterai comme je le fais pratiquement chaque jour de tenir informées les personnes visitant www.cqlpe.ca où chacun peut prendre connaissance des plus récents développements. J'y avais d'ailleurs publié ce qui suit dès la mise en ligne le 16 décembre dernier sur le site de la Régie de la désolante décision des 3 régisseurs...

Mise à jour du 17 décembre 2016

Décision regrettable de la Régie de l'énergie qui a rejeté la demande d'ordonnance de sauvegarde du RAPLIQ et de l'AQLPA
(Des commentaires détaillés sur ce qu'il faut désormais en conclure suivront sous peu dans un bulletin final.)


Je vous invite enfin à découvrir ci-après d'autres informations qui pourraient vous intéresser ou vous être utiles.

Sur ce, je vous souhaite, malgré tout ce qui précède, de passer une joyeuse période des fêtes !

Jean Hudon
Webmestre - www.cqlpe.ca

Ce Bulletin #57 est archivé à http://www.cqlpe.ca/Bulletins/Numero57.htm

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PS Brigitte Blais, analyste pour SÉ-AQLPA, m'a demandé de signaler qu'elle est passée en audience le 15 décembre dernier au dossier R-3980-2016 « pour défendre le fait que les suivis du déploiement du Projet LAD devaient se poursuivre jusqu'à ce que tous les compteurs aient été changés, incluant ceux ces clients récalcitrants et négligents. » Le rapport détaillé (25 pages) qu'elle a déposé à ce sujet est disponible ICI. Voir également ICI les tableaux en lien avec son argumentaire. Comme toujours, Brigitte poursuit son excellent travail pour défendre les objectfis poursuivis par SÉ-AQLPA dans ce dossier.

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Ce qui suit est de Jacinthe Ouellet et date du 22 décembre 2016

À propos de Jacinthe Ouellet : Elle vit avec la chimicosensibilité depuis 1987. Elle dirige la Fondation Air et Vie créée en 2008 pour venir en aide aux personnes atteintes de sensibilités environnementales. Elle est également musicienne et phytothérapeute-herboriste.

Bonjour à tous,

À la fin de cette très mouvementée année 2016, je souhaite partager impressions, espoirs, infos et vœux! Comme dit l’adage, vaut mieux allumer une chandelle que maudire l’obscurité. Voici donc une chandelle de Noël sans fil ni radiofréquences!
Pour ceux qui doivent lire court, les passages importants sont en gras.

Sommaire :

Tirer parti des événements au fédéral et au provincial
Se protéger des hautes fréquences transitoires
Écran de redirection des signaux WiFi
L’acoustimètre
Mise à la terre corporelle en hiver
 
Le rapport du Comité permanent de la Santé

Comme vous le savez, la ministre fédérale de la santé, Jane Philpott, a rejeté le 6 octobre les recommandations du Comité permanent de la Santé énoncées dans le rapport sur les limites d'exposition du Code de sécurité 6 intitulé «Le rayonnement électromagnétique de radiofréquences et la santé des Canadiens ».

Plusieurs espéraient beaucoup de ce rapport et sont déçus. J’aimerais apporter un message d’espoir sur les possibilités d’action que nous avons au Québec pour améliorer notre qualité de vie.

En ce qui concerne le Code de sécurité 6 qui a plusieurs failles, dont une limite d’exposition établie à 6,000,000 µW/m2 (microwatts par mètre carré) : même si cette limite avait été abaissée à, disons, 6000 ou 1000 µW/m2, cela demeure beaucoup trop élevé pour les électrosensibles (plusieurs réagissent à 1 µW/m2!). Et les mesures de radiofréquences que l’on peut prendre dans notre environnement (lieux publics) sont souvent en deçà de 1 000 µW/m2. Mais nous ne pouvons fréquenter ces lieux.

Ce dont nous avons besoin de toute urgence, c’est de pouvoir avoir accès aux services par des mesures d’accommodement. Au Québec, nous avons une grande chance : la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) reconnaît l’hypersensibilité environnementale (électrosensibilité et chimicosensibilité) comme un handicap, nous pouvons faire des demandes d’accommodement aux lieux de services et, en cas de refus, faire appel à la Commission (idéalement avec un diagnostic médical).

La Commission jouit d’une grande crédibilité au Québec. Chaque fois que l’occasion se présente, informer les gens que notre condition est reconnue par la Commission, peut couper court à l’interminable argumentation sur la controverse scientifique. Cela peut parfois aussi suffire pour obtenir des accommodements. Informons notre entourage, les professionnels, les médias, etc.

La Commission m’a déjà accommodée en me permettant d’assister de chez moi, par téléphone, à une séance de médiation. Il ne faut pas hésiter à faire la liste de nos demandes pour des occasions telles que des rencontres d’expertises ou des interrogatoires pour des assurances ou autres. Ces événements sont stressants, on ne doit pas les subir dans un milieu saturé d’ondes ou de parfum. De plus, accepter ces conditions peut nuire à notre crédibilité par la suite. Idéalement, le médecin formule ces demandes.

Des organismes ont déjà mis en place des politiques d’accommodement comme le traitement à distance des dossiers (certains bureaux d’aide juridique entre autres) suite à des demandes individuelles.

Vous trouverez sur le site airetvie.org de l’information sur la Commission, son Guide d’accommodement, et un menu Enjeux matériels qui fait la liste des postes de dépenses encourues pour les deux handicaps, EHS et SCM (sensibilité chimique multiple).
Continuons à travailler pour obtenir nos diagnostics et faire connaître les médecins qui le donnent!

Une opportunité à saisir sur le territoire québécois?

Québec veut accorder 100 millions aux municipalités qui demandent à être branchées à l’Internet à haute vitesse. Des entreprises sont en difficulté faute de ces services. Serait-il opportun d’écrire à l’Union des municipalités, qui fait partie des interlocuteurs pour ce dossier, et de parler des nouveaux résidents et entreprises qui pourraient s’établir dans des enclaves réservées uniquement aux services câblés?

Se protéger des hautes fréquences transitoires

Les récentes interventions à la Régie de l’énergie ont mis en évidence les problèmes liés aux compteurs numériques non-communicants, lesquels produiraient des hautes fréquences transitoires. En raison de leur mode de fonctionnement, tous les appareils numériques émettent cette « électricité sale » qui peut circuler entre les résidences desservies par un même transformateur et polluer l’entrée électrique des maisons. Un compteur électromécanique ne nous met pas à l’abri de cette invasion, même s’il ne produit pas lui-même de HFT.

Nos modems-câble, ordinateurs, claviers, produisent aussi des HFT; il est donc suggéré aux EHS de débrancher tous ces équipements lorsqu’ils ne sont pas en usage. Pour cette raison, le téléphone traditionnel avec Bell serait préférable au téléphone avec modem-câble.

Pour éliminer ces harmoniques ou hautes fréquences parasites, il existe des filtres qui peuvent être installés dans l’entrée électrique dans son ensemble ou sur différents circuits dans l’entrée. Certains modèles sont présentement en évaluation et nous vous reviendrons d’ici quelques semaines pour les résultats.

Écran de redirection des signaux WiFi

Nous avons testé une sorte de paravent à routeur fait à partir d’une boîte de carton enrobée de papier alu, soit un petit muret avec deux côtés évasés et un plafond incliné vers le haut. Le dispositif a été installé sur un routeur WiFi afin de protéger un côté de maison du signal (pour ménager la voisine). Cela fonctionne très bien, le signal reste chez l’usager du WiFi et de plus il est plus concentré donc meilleur.

L’acoustimètre

Après des tests comparatifs de différents appareils Gigahertz avec l’acoustimètre, il semble que celui-ci offre le meilleur rapport qualité/prix. Il couvre une bande de fréquences importante (200 MHz - 8 GHz) donc il inclut la nouvelle fréquence de 700 MHz et le WiFi et télé à 5 GHz). Il ne faut cependant pas se fier à l’affichage visuel, mais plutôt au son, car celui-ci est présent (coller l’oreille sur l’appareil ou utiliser un écouter) même sans affichage. J’ai constaté que l’apparition des symptômes correspond à l’apparition d’un son (silement de cellulaire, tacatac d’Internet…) même sans mesures affichées.

Mise à la terre corporelle en hiver

Pour libérer le corps de l’excès de charges électromagnétiques
durant cette saison où marcher pieds nus dehors devient problématique, le contact des mains avec un arbre produit le même effet. L’arbre est conducteur. Quelqu’un m’a dit de lui demander la permission, mais je n’en ai pas vu qui refusaient!

Parlant d’arbre, pour ceux qui tolèrent les conifères, la tisane de sapin baumier est un tonique qui surpasse tous les ginsengs. À la fois calmant et énergisant, bourré d’hormones stéroïdes (qui gardent vert!) donc anti-inflammatoires, le sapin (comme les autres conifères) contient une vitamine C indestructible à la chaleur. Il est anti-parasitique, un remède des voies respiratoires, altératif (qui corrige des conditions de longue durée). Il semble aider à soulager les problèmes d’articulations dus au WiFi.

Mijoter les rameaux (bouts de branches) au moins 15 minutes ou jusqu’à obtention d’un liquide rougeâtre et sucré. Les conifères sont de grands alliés. Nos ancêtres ont fait bien du millage sur la bière d’épinette!

Sur ce, joyeux Noël sous votre sapin, merci à tous ceux qui se sont démenés pour la cause en 2016 et beaucoup de santé et de sérénité pour 2017!

Jacinthe Ouellet

Membre ASEQ et RESQ

PS : On cherche un(e) bénévole pour rehausser l’aspect graphique des deux sites airetvie.org et envirosensible.net Écrire à info@airetvie.org ou appeler au 819 674 0576

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Comme d'habitude vous êtes invité-e à visiter régulièrement http://www.cqlpe.ca/#DR pour y découvrir les plus récents développements, comme...

No safety issue with smart meters!? Des compteurs Landis+Gyr FOCUS s'enflamment à Kansas City

Les compteurs intelligents seront de retour en Saskatchewan

La déplorablement menteuse ministre de la santé Jane Philpott se fout TOTALEMENT de la gueule des Canadiens qu'elle est censée protéger !

Jane Philpott ajoute la plus trompeuse affirmation qui puisse s'imaginer à propos de ce code 6, exposant les Canadiens à des niveaux potentiellement mortels de rayonnements de micro-ondes : « Les limites d'exposition humaine figurant dans le Code de sécurité 6, établies par Santé Canada, sont conçues pour protéger tous les groupes d'âge, y compris les bébés et les enfants, de façon continue (24 heures sur 24, 7 jours sur 7). Par exemple, si un jeune enfant était exposé à de l'énergie des RF émises par diverses sources pendant 24 heures, 365 jours par année, qui respecte les limites établies dans le Code de sécurité 6, aucun effet indésirable sur sa santé ne serait observé. » Quiconque est le moindrement familier avec l'épidémie grandissante de cas d'électrosensibilité au Canada comprend bien à quel point il s'agit-là d'un horrible mensonge. Et c'est sans compter le nombre de cas de cancers en tous genres qui s'accroît à une vitesse vertigineuse. Même chose pour les cas d'autisme, d'Alzheimer et d'une foule d'autres maux qui sont en progression constante et qui ont tous un lien, selon des milliers d'études réalisées par des scientifiques intègres, avec l'exposition à cette pollution que subissent pratiquement tous les Canadiens.

Selon la Dre Riina Bray, spécialiste canadienne de la question, près de 35% des Canadiens seraient déjà atteints à divers degrés de cette allergie pratiquement irréversible une fois qu'elle se manifeste, et de 3% à 5% des Canadiens ont dépassé le seuil où ce mal devient hyperhandicapant, au point de rendre la vie quasiment infernale si on n'arrive pas à trouver un des rares endroits non encore envahis par cette omniprésente pollution invisible qui ne cesse de s'aggraver avec les 1000 nouvelles tours de téléphonie cellulaire que le déshonorable ministre Navdeep Bains se vante d'autoriser chaque année dans son commentaire sur cette pétition sur les tours de téléphonie cellulaire - signée par à peine 1369 Canadiens qui, hélas, dorment pour la plupart au gaz de la propagande gouvernementale, médiatique et publicitaire qui ne cesse de leur vanter les avantages des technologies sans fil et sans conscience qui font la fortune de l'industrie des télécommunications. On est vraiment mal barrés avec ce gouvernement Trudeau, encore plus habile que son prédécesseur à donner l'illusion de prendre la défense des intérêts de la population alors qu'en réalité c'est tout le contraire qui se produit !

HEADS IN THE SAND, PIES IN THE SKY Health Canada denies the proven dangers of microwave radiation

Compteur d'eau "intelligent" : une électrosensible obtient son retrait 

aElectrosmog: The acid rain of today

EXCERPT: "At that time, industry scientists repeatedly claimed acid rain did not exist or was not responsible for the loss of fish and the death of trees. This denial of a problem is common in health and environmental issues that have financial consequences for those generating the pollution. We have seen it with asbestos, DDT, lead, cigarettes, and now electrosmog. Today, we have industry scientists who claim electromagnetic pollution does not cause cancer or adverse effects on health. These wireless industries are able to hide behind Health Canada's Safety Code 6, which affords more protection to them than to the public. Schools that have installed Wi-Fi, the telecommunications industry that installs antennas on hospitals and in residential communities, and provincial and municipal governments that do not have expertise in this area, all hide behind Health Canada's Safety Code 6. What they don't realize is that this guideline was designed to protect military personnel from the heating of tissue averaged over a six-minute period. It was not intended to protect the infant in the crib lying next to a wireless baby monitor that emits microwave radiation for 12 hours a day." Read also this enlightening comment by Magda Havas about this article. She notably explains that "What we lack now is anyone in a position of authority in government who is willing to take a stand to make our environment cleaner from an electromagnetic perspective. This will take a very special person who understands the issues involved, is willing to stand up to some fierce opposition, and knows how to move things through government."

Cellulaire et cancer : prudence, dit l'Académie américaine des pédiatres

« Le US National Toxicology Program a testé l’hypothèse selon laquelle le rayonnement d’un cellulaire ne pourrait pas causer des effets sur la santé et cette hypothèse a maintenant été démentie. L’expérience a été faite et, après des examens approfondis, le consensus est qu’il y avait un effet cancérogène », a déclaré à Microwave News le toxicologue qui a conçu l’étude, Ronald L. Melnick. « Pour les enfants, les risques de cancer peuvent être supérieurs à ceux des adultes en raison d’une plus grande pénétration et absorption du rayonnement du téléphone cellulaire dans leur cerveau et parce que leur système nerveux en développement est plus sensible ». NOTE: L'émetteur des compteurs "intelligents" est similaire à celui des téléphones cellulaires et donc tout aussi dangeureux.

Frequently Asked Questions About The U.S. National Toxicology Program Radiofrequency Rodent Carcinogenicity Research Study

Why Is This Study Considered A "Landmark" Study? These results are very significant for three reasons: 1) In case-controlled studies, humans develop the same types of tumors from cell phone exposures. 2) The results show adverse biological effects at non-thermal levels meaning that current international regulations (based on avoiding heating) do not adequately protect public health. 3) The results add significant weight to the scientific evidence that radio frequency radiation is carcinogenic.

Lettre du Dr Louis Jacques au sujet d'une personne électrosensible - datée du 3 mars 2016