5 mai 2017

Bulletin Express #10 : Le RAPLIQ éjecté des audiences par la Régie de l'énergie

Bonjour à tous/toutes

Voici quelques nouvelles sur les plus récents développements – et sans doute les derniers pour un bon moment – quant à la participation du RAPLIQ aux processus décisionnels de la Régie de l'énergie. Comme vous vous en rappelez peut-être, le RAPLIQ (avec qui je suis impliqué comme analyste depuis près d'un an en collaboration étroite avec Steven Laperrière), devait déposer pour le début d'avril son mémoire faisant le bilan notamment des recherches menées pour tenter de trouver un fournisseur de compteurs électromécaniques pouvant être certifiés par Mesure Canada et en quantité suffisante pour répondre au besoin d'Hydro-Québec Distribution dans les années à venir. Ce mémoire est en ligne depuis plus d'un mois au http://publicsde.regie-energie.qc.ca/projets/366/DocPrj/R-3964-2016-C-RAPLIQ-0026-Preuve-Memoire-2017_04_09.pdf - vous êtes bien sûr invité-e à en prendre connaissance. C'est un document de 24 pages et de près de 12,000 mots qui se résume à ceci :

1) Malgré tous nos efforts, il nous a été impossible de trouver le fournisseur espéré. Voilà belle lurette que plus aucun fabricant de compteurs ne produit de compteurs électromécaniques compatibles avec le marché canadien (c.-à-d. possédant un 5e cadran de mesure, absent chez les modèles américains qui sont donc non compatibles au Canada). Toutes les anciennes lignes de montage ont été démantelées. Hydro-Québec avait raison de dire qu'il est impossible de se procurer ces appareils depuis que tous les fabricants se sont lancés dans la fabrication de compteurs électroniques dotés de fonctions de transmission sans fil. La Régie a refusé de préserver en décembre dernier les seuls stocks de compteurs électromécaniques qui auraient pu être utilisés pour offrir une 2e option de retrait durant encore quelques décennies – les 294,000 compteurs entreposés par Hydro-Québec en attendant leur rebutage (démantèlement pour fin de recyclage). Les seuls compteurs électromécaniques qui restent sont ceux des 80,000 clients récalcitrants ayant refusé de se les laisser enlever et qu'Hydro-Québec veut à tout prix finir de remplacer par de nouveaux appareils - communicants ou non - comme on le sait d'ici 2018. C'est une histoire à suivre (plus de détails plus bas).

2) Au lieu de déclarer forfait en nous retirant du dossier et en ne produisant pas de mémoire, ce qui aurait certes été le voeu des régisseurs puisque leurs directives précisaient clairement que le RAPLIQ ne devait pas sortir du cadre étroit établi quand le statut d'intervenant lui a été accordé par la Régie, soit se contenter de démontrer qu'Hydro-Québec pouvait encore s'approvisionner en compteurs électromécaniques, nous avons décidé malgré cet interdit de faire tout de même part de nos deux principales préoccupations aux régisseurs, soit, A) d'une part, le fait indiscutable que depuis le déploiement des 3,8 millions de compteurs communicants et des 15 000 routeurs du réseau maillé d'Hydro-Québec, des centaines de clients ont rapporté éprouver divers symptômes d'électrosensibilité, tel que le démontre la lecture des centaines de lettres d'observations accessibles à 2 endroits sur le site de la Régie et sur cet autre site, et que les régisseurs devaient donc aborder de nouveau le sujet tabou de la santé afin d'apporter les correctifs requis, et, B) d'autre part, l'autre fait indiscutable, soit que, de l'aveu même de Landis+Gyr, certains de leurs compteurs installés sur des embases aux mâchoires défectueuses surchauffent à tel point que certaines composantes fondent, et que tout porte donc à croire que de nombreux incendies où l'on a rapporté que ces appareils, récupérés sur les scènes d'incendie par des employés d'Hydro avant même qu'une expertise scientifique ne puisse établir s'ils étaient à l'origine du déclenchement de ces incendies, pouvaient en être la cause, selon ce que les services d'incendie ont rapporté aux médias à au moins quinze reprises au Québec.

3) À l'égard ces deux préoccupations, nous avons proposé certaines pistes de solution à la Régie, dans l'espoir que, malgré l'opposition féroce d'Hydro-Québec qui tient absolument à garder le couvercle sur ces deux marmites explosives, les régisseurs décident d'eux-mêmes d'aller au fond de ces questions et assument la responsabilité qui leur incombe de protéger la rentabilité à long terme d'Hydro-Québec, qui sans mesures correctives adéquates s'expose à de coûteuses poursuites et à devoir payer des compensations de plusieurs milliards de dollars aux victimes de cette technologie aux nombreux impacts sanitaires et sécuritaires, mais aussi assument la responsabilité de protéger les intérêts de la clientèle captive de cette entreprise d'État.

Bien évidemment, nous étions conscients que les chances que cela se produise étaient quasi nulles, car la Régie, de par sa loi constitutive qui établit que ses décisions sont sans appel, souffre d'un énorme complexe d'infaillibilité et n'admettrait jamais avoir commis l'erreur d'avoir approuvé, sans la moindre étude d'impacts, le déploiement de ce vaste réseau de communication sans fil, rassurée quant à son innocuité par un avis de Santé Canada, par une représentante de la Santé publique du Québec venue en témoigner lors des audiences de la Régie en 2012, et par les propos lénifiants d'un « médecin » à l'emploi d'Hydro-Québec depuis près d'une trentaine d'années – sans examen ni étude de la volumineuse preuve scientifique préparée par le Dr David Carpenter et en écartant rapidement sa pressante invitation à la prudence.

C'est donc sans la moindre surprise que, faisant écho aux propos d'Hydro-Québec qui se refusait à discuter lors des audiences en cours depuis le 1er mai de ces deux sujets tabous abordés par le RAPLIQ dans son mémoire, la Régie a indiqué avoir déterminé dans un document (page 2) mis en ligne le 26 avril dernier, après avoir pris connaissance du mémoire précité que l'essentiel de son contenu était irrecevable, puisque en dehors du cadre autorisé, et que, par conséquent, la présence du RAPLIQ était non requise lors des audiences en prenant l'initiative, sans aucune consultation avec le RAPLIQ, de l'exclure des audiences, comme on a pu le constater quand le calendrier des audiences a été mis en ligne le 26 avril dernier sur le site de la Régie. Mentionnons aussi que SÉ-AQLPA a également soulevé dans son mémoire le problème de surchauffe de ces compteurs incendiaires en se demandant si ce brûlant problème avait quelque chose à voir avec le désir d'Hydro-Québec de faire ajouter une disposition dans ses conditions de service la mettant à l'abri de toute responsabilité civile quant à ce qui pourrait arriver aux biens et aux personnes là où ses compteurs sont déployés, sous prétexte que le client est censé en être le seul gardien. Évidemment, SÉ-AQLPA s'est également fait bâillonner par la Régie en se voyant interdire d'aborder ce sujet lors des audiences.

Devant ce triste mais prévisible constat, et après s'être ainsi fait cavalièrement évacuer des audiences, le RAPLIQ n'a eu d'autre choix que de déposer le 28 avril une lettre sur le site de la Régie annonçant, dans ces circonstances défavorables, son désistement de sa participation aux audiences, déplorant au passage l'attitude d'Hydro-Québec et de la Régie qui ont préféré ignorer la réalité des souffrances infligées par le réseau de compteurs communicants, et rappelant les motifs énoncés dans sa lettre du 24 mars 2016 qui l'avaient poussé à demander le statut d'intervenant, soit démontrer « que des solutions de rechange existent et que ces solutions ne causent aucune contrainte excessive au demandeur et ... que les compteurs non-communicants sont nuisibles pour les gens avec une condition d’hypersensibilité électromagnétique. »

Puis, lundi 1er mai, un document de plus de 6 pages s'intitulant Contexte et résumé du mémoire présenté par le RAPLIQ à la Régie de l’énergie du Québec (que vous êtes également invité-e à lire) a été envoyé par le RAPLIQ à plusieurs journalistes, accompagné d'une lettre d'introduction afin d'attirer leur attention sur ce qui venait de se passer et sur le contenu du mémoire. Nous n'avons encore vu aucun écho de cela dans les médias, mais nous espérons que les graines ainsi semées germeront éventuellement, lorsque les conditions seront propices, de manière à ce que les responsables politiques capables de mettre de l'ordre dans cette Régie qui, comme dans la métaphore des trois petits singes, refuse de voir et d'entendre quoi que ce soit sur les problèmes de santé et de surchauffe soumis à son attention, et refuse systématiquement d'en parler, prétextant qu'il lui est impossible de revenir sur des décisions déjà prises, peu importe les conséquences rapportées.

Ce qu’il adviendra de ce mémoire et des problèmes qu’il met en lumière dépendra en large partie des réactions qu’il suscitera chez les personnes – simples citoyens, journalistes ou décideurs politiques – qui voudront bien en prendre connaissance et qui partageront les préoccupations soulevées. Il est à espérer que ce ne sera pas une réaction de déni et/ou d’indifférence comme c'est le cas de la part de la Régie et d'Hydro-Québec. De par son refus d’examiner froidement, objectivement et publiquement les conséquences humaines – cruelles et intolérables – subies tout probablement par des milliers de Québécois suite à sa décision d’autoriser le déploiement de cette technologie, sans jamais requérir la moindre étude d’impacts et en se fiant aveuglément aux assurances trompeuses d’innocuité des compteurs ‘intelligents’ offertes, possiblement à l’instigation même d’Hydro-Québec, par Santé Canada à la veille des audiences ayant mené en 2012 à l’approbation du Projet LAD et par un témoignage d’une représentante de la Direction de la santé publique du Québec lors de ces mêmes audiences, sans oublier le lénifiant «docteur» d'Hydro, la Régie a démontré son incompétence en matière de protection de la santé des Québécois et son insouciance inexplicable à leur égard.

Il est difficile toutefois de faire peser sur les seules épaules de la Régie la responsabilité de cette situation. Ce qui arrive tient en grande partie à la manière dont la Régie a été constituée, sans aucun chien de garde pour prévenir les abus de pouvoir, sans possibilité d’en appeler de ses décisions, et avec une proximité inévitable frôlant l’inceste avec la principale entreprise québécoise dans le domaine énergétique qu’elle est censée surveiller et encadrer. Ses nombreuses ratées, notamment en ce qui concerne son incapacité à rectifier les prévisions douteuses présentées depuis 7 ans par Hydro-Québec, qui ont mené à un trop-perçu de plus de 1,4 milliards de dollars, devrait alerter non seulement l’opinion publique mais surtout les responsables politiques, à qui il incombe de scruter le fonctionnement de cet organisme omnipotent, afin d'examiner comment sa loi constitutive pourrait être réformée pour éviter tout nouveau dérapage et déterminer quelles autres mesures correctives pourraient être prises – comme l’adjonction d’un ombudsman plénipotentiaire capable de redresser la barre quand le navire de la Régie part à la dérive comme c’est le cas depuis quelques années.

Est-il nécessaire de rappeler, toutefois, que c'est Hydro-Québec qui, au premier chef, a mis la Régie dans cette situation quand elle lui a présenté le Projet lecture à distance (LAD) comme la seule alternative viable aux compteurs électromécaniques, se démontrant incapable d'anticiper la résistance opiniâtre de dizaines de milliers de Québécois alertés par les déplorables effets sur la santé de cette technologie sans fil de relève à distance de la consommation électrique. Au lieu de tenir compte dès le départ des craintes légitimes que soulevaient les compteurs "intelligents", Hydro-Québec a préférer foncer tête baissée et s'enfoncer toujours plus profondément dans le déni. Pourtant, certains responsables ont manifestement enregistré quelque part dans leur cerveau le fait que les émetteurs de leurs compteurs communicants ont bel et bien des effets nocifs sur la santé, sans que cela ne se traduise encore par une réelle reconnaissance officielle de ce fait. Voici une anecdote qui illustre parfaitement la dissonance cognitive dont souffrent apparemment les dirigeants d'Hydro-Québec. Il s'agit des propos de Mme Johanne Babin, directrice Infrastructure de mesurage avancé et solutions technologiques, tirés des notes sténographiques de l'audience du 1er mai 2017, page 42 - en ligne à http://publicsde.regie-energie.qc.ca/projets/366/DocPrj/R-3964-2016-A-0045-Audi-NS-2017_05_02.pdf. Elle a dit : « Par contre, je tiens à spécifier que si un client appelle parce qu’il a un compteur communicant et il veut avoir un compteur non communicant, puis il nous mentionne qu’il a des problèmes de santé, nous, chez nous, on les priorise, on les descend dans les opérations puis ça se fait dans les jours qui suivent. »

Question: Si Hydro-Québec refuse de reconnaître la réalité des problèmes de santé causés par sa technologie en s'objectant obstinément à en discuter en audience publique devant la Régie de l'énergie, pourquoi cette directrice reconnaît-elle ces mêmes problèmes de santé comme un motif valable pour mettre en priorité le remplacement d'un compteur communicant de tout client affirmant avoir des problèmes de santé liés à ce type d'appareil ?

On peut certes applaudir ce geste de compassion à l'égard d'une personne souffrant le martyre par la faute de cette entreprise, mais on apprécierait énormément que cette compassion s'étende également aux dizaines de milliers de Québécois victimes de cette technologie, dont plus particulièrement ceux exposés à plusieurs compteurs groupés aux effets décuplés sur la santé, des victimes qui dans la vaste majorité des cas ignorent totalement la cause des maux de tête chroniques, de l'insomnie, des acouphènes et de la kyrielle d'autres effets débilitants causés par ces appareils censés être si peu dangereux que même les nourrissons peuvent dormir la tête collée sur ces émetteurs hyperactifs, si l'on en croit les mensonges criminels véhiculés par ceux qui, comme les trois petits singes, préfèrent jouer à l'autruche plutôt que de regarder la réalité en face.

Vous rappelez-vous de la mousse isolante d'urée-formaldéhyde (la MIUF), de l'amiante, de la thalidomide, du tabac et de tous ces autres produits «inoffensifs» qui, à une époque, avaient reçu la bénédiction des autorités «compétentes» ? Il a fallu des recours collectifs et des pénalités compensatoires de plusieurs milliards de dollars, et des souffrances incalculables de milliers de personnes pour qu'enfin ces autorités «compétentes» soient obligées d'admettre leur erreur et que les produits dangereux soient retirés du marché. La même chose va finir par arriver avec toutes les antennes déployées partout, sans contrôle ni surveillance, grâce à l'incurie monumentale de nos autorités «compétentes». Et qui va payer en bout de ligne pour ces gaffes abominables parfaitement évitables ? Nous tous bien sûr, et les millions de victimes, en années de vie et en qualité de vie de moins...

À ce propos, je vous signale ceci récemment publié à http://www.cqlpe.ca/#DR

ALERTE!! Bell Mobilité et Télus installent des mini-antennes de cellulaires sur des édifices et des poteaux en Ontario - et sans doute au Québec
(Par cette nouvelle stratégie, l'industrie des télécommunications s'évite l'opposition habituelle à ses immenses tours, mais accroît grandement la charge électropolluante de proximité pour toute la population, sans devoir démontrer que c'est sans danger, sans surveillance d'aucune sorte. Nous vivons dans un goulag d'électro-torture où l'épidémie de cancers et de maladies de toutes sortes ne fera qu'augmenter jusqu'à rendre inhabitables les environnements humains. LIRE AUSSI Canada asleep, while USA begins to debate Small Cells. Tel qu'expliqué dans eNodeB - What are they?, ce sont des antennes de 3G et de LTE-4G ayant une portée d'environ 500 pieds. Elles ne remplacent pas les antennes traditionnelles plus puissantes installées sur des tours, mais ajoutent à l'électrosmog urbain. Comme on peut le lire dans un commentaire au dernier lien ci-dessus : "The very fact that this technology is forced on the general public who have not been adequately informed of the health ramifications is completely unacceptable. RF radiation is not suitable for anybody at the high levels coming from smart meters and all smart technology; from phones to appliances, cell phone towers, WiFi, computers, battery operated vehicles, blue tooth, etc. We are being completely surrounded by it. For the sake of our species and those of animals and plants, ENOUGH ALREADY." Comme on peut le voir ICI, des pointes d'émissions de 30,000 microwatts par mètre carré (Mw/M2) ont été mesurées au pied d'un poteau au sommet duquel une mini-antenne était installée, et on estime à plus de 60,000 Mw/M2 l'exposition des gens dans les chambres situées au deuxième étage à la hauteur de ces émetteurs, ce qui dépasse de très loin la limite de 1000 Mw/M2 recommandée à l'extérieur par le Conseil de l'Europe - Résolution 1815 - et de 100 Mw/M2 recommandée à l'intérieur.

Quoiqu'il en soit, dans l'état actuel des choses, on ne peut qu'espérer que les diverses recommandations du RAPLIQ ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd et qu'Hydro-Québec les appliquera, sans tambours ni trompettes, pour minimiser la charge électropolluante créée par son réseau de communication sans fil.

Ainsi, comme on peut le lire en pages 15 et 16 de notre mémoire, nous y proposons de « Réduire au strict minimum le nombre de fois où les compteurs communiquent ensemble et avec les ordinateurs de contrôle du réseau chez le Distributeur ... ce qui réduirait considérablement l’exposition de toute la population québécoise au rayonnement émis par les compteurs. » ... « En outre, comme le type d’émetteur utilisé dans les compteurs communicants est identique à ceux des téléphones cellulaires, qui modulent automatiquement la puissance de leurs émissions en fonction de la facilité ou de la difficulté à communiquer avec la tour relais la plus proche, ne serait-il pas possible également ... de reconfigurer à distance les émetteurs de tous les compteurs afin qu’ils émettent toujours au minimum de la puissance requise pour établir une communication avec le routeur local, ou avec d’autres compteurs du réseau maillé si une telle communication directe est impossible ? ... S’il s’avère que rien de tel ne peut être fait avec la technologie actuelle, nous recommandons que dans ses prochains appels d’offre, lorsque viendra d’ici quelques années le temps de remplacer l’ensemble du parc de compteurs communicants en place, le Distributeur exige de ses fournisseurs de lui fournir un système et des appareils conçus pour minimiser le plus possible, notamment par leur configuration de base en usine, le nombre et la puissance des émissions afin de les rendre le plus « silencieux » possible, ce qui aura forcément pour effet d’éliminer une grande partie des problèmes mis en lumière ci-dessus. » ... « Dans le même esprit de recherche de solutions applicables, peu coûteuses et de nature à alléger la charge polluante que la plupart des Québécois doivent subir, sans affecter outre-mesure les fonctions critiques et essentielles de son réseau de communication sans fil, nous invitons le Distributeur à examiner toutes les autres possibilités à sa disposition dont nous ne pouvons avoir connaissance et que lui seul pourrait connaître. À lui de prendre ensuite l’initiative de les appliquer directement si elles ne nécessitent pas l’autorisation de la Régie, ou de les lui soumettre pour approbation, le cas échéant. »

Comme la Régie a pour habitude d'entériner sans trop discuter les propositions d'Hydro-Québec, c'est donc de cette dernière que les solutions pourraient finalement venir, si seulement ses dirigeants voulaient bien faire preuve d'un peu de bonne volonté. Après tout, eux-mêmes et leurs familles sont exposés aux mêmes risques que l'ensemble de la population. Par ailleurs, l'ensemble de la clientèle dispose elle-même d'un moyen fort simple de créer le changement que nous voulons voir chez Hydro-Québec – pour paraphraser Gandhi. Même si certains doutes planent sur le compteur non communicant quand à la possibilité que son système d'alimentation à découpage (transformant le courant alternatif de 220 volts en courant continu de faible voltage) produise de l'électricité sale (hautes fréquences transitoires parasitant l'ensemble du filage électrique non blindé d'une demeure et rayonnant jusqu'à environ 2 mètres des murs), il n'en reste pas moins que cet appareil n'émet aucune forme de micro-ondes pulsées et peut se comparer à cet égard à un compteur électromécanique. Si les mâchoires de l'embase sont en bon état (si elles serrent suffisamment les 4 lames du compteur évitant ainsi tout arc électrique entre de mauvais points de contact, cause de surchauffe et de possibles mais rares incendies... et il faut donc en faire un examen visuel - SANS les toucher car il y a du 220 volts dans 2 des 4 mâchoires - pour s'en assurer lors du remplacement du compteur), le compteur non communicant ne présente guère de risques.

Si, au fil du temps, la vaste majorité des clients d'Hydro-Québec optent pour le non communicant, ça représenterait de facto un retour à un système fondé sur la relève manuelle et sur l'interruption et la remise du courant in situ quand Hydro-Québec veut mettre de la pression sur les mauvais payeurs. Évidemment, si la Régie décidait que, tout comme pour le compteur communicant dont la pose est gratuite, les clients peuvent se faire poser gratuitement un compteur non communicant, cela faciliterait énormément les choses dans tous les cas de figure - y compris pour les compteurs groupés. Cette notion de gratuité de la pose du non communicant fait d'ailleurs partie des choses que SÉ-AQLPA demande à la Régie de considérer. Par contre, si la Régie cède à la demande d'Hydro-Québec qui veut hausser à 140$ (au lieu de 85$) les frais de la pose d'un non communicant, ça n'aiderait absolument pas. Ne serait-il pas normal de laisser le client/consommateur décider lui-même du type de compteur qu'il désire avoir sur ou à l'intérieur de sa demeure ?... Quant aux frais de relève mensuelle qui diminueront à 30$/année au lieu de 60$, tel que demandé par Hydro-Québec (un excellent point pour eux soit dit en passant!), ce sera un moindre mal et un empêchement si mineur au choix du non communicant qu'il ne constituerait pas un véritable obstacle, à mon avis, à l'adoption de ce type d'appareil de mesure par la majorité de la clientèle, comme je l'espère.

Enfin, j'aimerais présenter quelques observations sur ce qui va se passer pour les 80,000 clients (environ) ayant résisté jusqu'ici aux pressions d'Hydro-Québec pour accepter de se départir de leur compteur électromécanique vieillissant. Comme Hydro-Québec n'a pas encore mis à exécution ses menaces de coupures de courant à l'égard de ses clients déterminés à lui tenir tête - possiblement pour ne pas mal paraître face à la Régie avant, pendant et après les audiences, tant que la décision finale ne sera pas rendue – ces derniers n'ont pas encore été mis au pied du mur et sont probablement nombreux à vouloir attendre le plus longtemps possible avant de céder.

Le choix que chacun doit éventuellement faire est le suivant... Quand on reçoit la lettre nous donnant 15 jours (à compter de la date d'envoi de la lettre) pour communiquer avec Hydro-Québec afin de prendre rendez-vous pour le changement du compteur, on peut soit l'ignorer, auquel cas une deuxième lettre (appelée «Avis d’application des frais d’inaccessibilité et frais mensuels de relève – Compteur inaccessible» voir ICI) ne laissant plus que 8 jours (à compter de la date d'envoi) pour réagir vous sera postée, après quoi, à défaut de répondre, un frais d'inaccessibilité au compteur de 85$ plus les frais de relève mensuelle seront chargés (et refuser de les payer créera un compte en souffrance et vous exposera à une coupure de courant et à des frais supplémentaires de 360$ pour le rebranchement une fois que vous en aurez assez de vivre sans électricité, plus un frais administratif de 50$).

Ou bien vous pouvez les contacter dès que vous recevez la première lettre afin de tenter de savoir à quelle date sera échue la certification de votre compteur (cette info est disponible dans votre dossier et le préposé au téléphone peut normalement y accéder par ordinateur en quelques secondes). Si cette date est proche et que vous préférez ne pas courir le risque de vous faire interrompre le service (et de devoir payer les frais de rebranchement et administratifs déjà mentionnés), il vaut alors sans doute mieux demander immédiatement le non communicant (à moins que vous soyez assez irrationnel pour demander le compteur communicant pour sauver les frais – et mettre votre santé à risque), plutôt que de payer le 85$ en frais d'inaccessibilité et de devoir repayer le même montant (ou 140$ si la Régie autorise la hausse des frais d'installation) quelques mois plus tard. Si l'on vous dit que la date d'échéance de la certification n'est pas imminente et que ça ne vous dérange pas de payer les frais d'inaccessibilité pour «acheter du temps» avec votre électromécanique, alors ne répondez à aucune des 2 lettres, mais sachez qu'à tout moment, tel qu'indiqué dans ces 2 lettres, Hydro-Québec pourrait vous poster un avis d'interruption de service qui vous laissera alors 8 jours (à compter de la date d'envoi) pour finalement céder ou risquer pour vrai l'interruption de service. À noter aussi que si vous avez un compteur électromécanique de 400 ampères, Hydro-Québec acceptera volontiers sur simple demande de mettre votre dossier en suspens sans vous charger de frais d'inaccessibilité d'ici à ce que la Régie ait rendu sa décision (d'ici la fin de juin) approuvant la pose d'un non communicant de 400 ampères – qui est désormais disponible.

À chacun de faire son choix selon son degré de conviction et ses moyens financiers.

Mais si l'on se fie à Hydro-Québec qui affirme à la Régie espérer venir à bout des derniers «récalcitrants» d'ici la fin de 2018 –  comme je l'avais déjà indiqué au bas de mon précédent Bulletin Express #9 : Hydro semble sur le point de débrancher certains clients "récalcitrants" – on peut raisonnablement s'attendre que d'ici 18 mois, les 80,000 clients ayant jusqu'ici résisté ne seront plus que quelques milliers. Peut-être Hydro-Québec continuera-t-elle à faire preuve de tolérance à leur égard durant encore un certain temps, si la mesure drastique de l'interruption de service n'a pas été appliquée entre-temps. Mais inévitablement, il viendra un temps où les compteurs électromécaniques encore en usage seront si vieux qu'ils risquent de priver Hydro-Québec de revenus (avec le passage des ans, il semble que la grande roulette finit par tourner plus lentement, ce qui est à l'avantage du client mais une perte potentielle pour Hydro-Québec) et de toute manière le recours à l'interruption de service serait alors vraisemblablement une mesure inévitable.

Quant à espérer un miracle de la part de la Régie, qui pourrait par exemple donner l'ordre à Hydro-Québec de recertifier durant quelques cycles additionnels de 8 ans une partie des compteurs électromécaniques restants sous certains conditions (le client devant démontrer la légitimité de ses craintes que le non communicant lui causerait des problèmes de santé ou qu'il lui est impossible de payer les frais réclamés), je ne fonderais aucun espoir là-dessus si j'étais vous...

Voilà l'essentiel de ce que je désirais vous communiquer. Quoiqu'il advienne, je vous souhaite un bel été... de résistance ou de changement, au choix de chacun.

Jean Hudon

Webmestre - www.cqlpe.ca

Ce Bulletin Express #10 est archivé à http://www.cqlpe.ca/Bulletins/BulletinExpress10.htm

PS À NOTER que je n'offre plus la possibilité de s'abonner au bulletin car il est tout probable que ce soit mon dernier. J'ignore si je vais m'investir à nouveau autant dans l'organisation d'activités de mobilisation contre l'une ou l'autre des multiples causes de la pollution électromagnétique qui ne cesse de croître pratiquement partout. Je prends ma retraite sous peu puisque j'aurai 65 ans dans quelques semaines et j'ai d'autres projets qui vont m'occuper passablement. J'ai consacré plusieurs milliers d'heures à cette cause depuis 6 ans et considère avoir fait ma part pour conscientiser et mobiliser les gens sur cette problématique. Je compte néanmoins continuer à alimenter plus ou moins régulièrement le fil d'information à http://www.cqlpe.ca/#DR et donc à maintenir ce site en ligne pour plusieurs années encore. Quant au site http://jegardemoncompteur.com, il restera également en ligne, mais uniquement jusqu'au 23 septembre 2018, date à laquelle viendra à échéance ce nom de domaine, que je ne compte pas renouveler. Je vous signale enfin que depuis un an, seulement 525 personnes ont signé la pétition Le Wi-Fi à l'école : Donnez le CHOIX ! un faible nombre qui reflète en partie le peu de cas que les parents québécois semblent faire de la santé de leurs enfants ou en tout cas leur ignorance des risques associés au Wi-Fi ou leur refus d'y croire. Comparé aux 17,000 signatures que la pétition contre les compteurs 'intelligents' avait recueillies en 2012, c'est définitivement trop peu pour tenter de démontrer aux décideurs politiques qu'il y a suffisamment de gens qui s'inquiètent de ce problème pour en tenir compte. La côte à monter avant de sortir du déni collectif sera apparemment encore bien longue.

VOTRE AIDE/PARTICIPATION EST REQUISE...

Si vous êtes électrosensibles ou sympathiques aux victimes de la pollution électromagnétique, je vous rappelle que vous pouvez vous joindre au Rassemblement ÉlectroSensibilité Québec (RESQ) et apporter votre soutien actif à ce groupe de défense des droits des personnes électrosensibles au Québec. Quant au recours collectif contre toutes les sources d'électropollution piloté par Me Charles O'Brien, il est toujours bien vivant et un juge de la Cour supérieure acceptera peut-être enfin prochainement de l'entendre. Voir http://collectiveactionquebec.com/index.html pour suivre les développements. Voir la version amendée le 31 mars dernier de la motion (en anglais - désormais plus de 36 pages). Si vous désirez apporter un soutien financier à cet effort, aller à http://collectiveactionquebec.com/aider--help.html pour faire un don. Ce sera vivement apprécié!

Pour accéder aux précédents bulletins, aller à http://www.cqlpe.ca/Bulletin.htm